terça-feira, 17 de novembro de 2015

Prof Doutora ISABELLE DE OLIVEIRA sobre MARIA BARROSO


HOMMAGE À UNE FEMME D’EXCEPTION




Les gens dépassionnés, je les plains.
Je trouve qu'il faut être passionné.
Si on veut donner un sens à sa vie,
il faut aimer quelque chose au-delà de soi-même. (Jenny Alpha)




L’exercice en forme de récit auquel je me livre aujourd’hui est étourdissant, et il est vrai que j’ai le droit de le craindre. On ne sort pas indemne d’une rencontre avec Maria de Jesus Barroso Soares, femme exemplaire, généreuse, avec une sincérité désarmante.


Des mots qui traversent les âges et ré-inventent le passé.


Cette Grande Dame petite par la taille mais grande par sa conviction a consacré sa vie à se battre contre les systèmes qui brisent femmes et hommes, pour plus de Justice, pour l’humanité, pour la vie tout simplement.


Vous avez été certainement abreuvée de jalousie par une minorité, mais une large majorité continue à vouer une sorte de culte à l'icône que vous êtes devenue.


Avec une rigueur à toute épreuve, vous êtes, en vérité, une éternelle rebelle sous un habit de douceur. Vous êtes féministe, vous défendez la cause des femmes avec une fermeté implacable, mais vous n'adhérez pas aux thèses de celles qui, à l'image de Simone de Beauvoir, nient les différences entre les sexes. Vous êtes du côté des plus faibles, mais vous refusez toute victimisation. La vie, qui n’a pas toujours été tendre avec vous, n’a cessé, cependant, comme pour s'excuser, de vous offrir des chances qui sont autant d'hommages à votre personne, à votre intégrité et à votre talent. Vous avez toujours été libre, véhémente et sereine. Vous le resterez, tout au long de vos fonctions, et au-delà. Sur plusieurs points, vous avez su marquer votre indépendance.


À plusieurs reprises, dans des bouches modestes ou dans des bouches augustes, j'ai entendu parler de votre caractère. C'était toujours dit avec respect, avec admiration, avec affection, mais avec une certaine conviction : il semblerait, Madame, que vous aviez un caractère difficile. Difficile ! Oui, Madame Maria de Jesus Barroso était une femme de caractère et avant-gardiste dans bien des domaines, elle savait exactement ce qu’elle voulait.


Il y a en vous comme un secret : vous êtes la tradition même et la modernité incarnée. Je vous regardais, Madame : vous me faisiez alors penser à ces grandes dames d'autrefois dont la dignité et l'allure imposaient le respect. Et puis, en regardant votre parcours, je vous ai toujours vu comme l’une de ces figures de proue en avance sur l'histoire. Votre curiosité intellectuelle insatiable et votre sens aigu des détails signalaient une nature inquiète et fiévreuse qui a fait avancer le monde. J’ai retenu de vous qu’on apprenait souvent davantage de vos interrogations que de vos réponses.


Oui, il y avait de l'énigme en vous : une énigme limpide et lumineuse jusqu'à la transparence qui suscitait de l’admiration mais, dans votre cas, quelque chose d'autre s'y mêlait : du respect, de l'affection, une sorte de fascination. Beaucoup, au Portugal et au-delà des frontières, auraient voulu vous avoir, pour confidente, pour amie. J’ai eu la chance inouïe d´être votre amie et le bonheur de passer des instants inoubliables à vos côtés, d’apprendre de votre exigence, de votre savoir, de votre humanisme et de votre liberté.
De toutes les figures de notre époque, vous êtes sans l’ombre d’un doute l'une de celles que préfèrent les portugais, mais non seulement. Les seuls sentiments que vous pouvez inspirer et à eux et à nous sont l'admiration et l'affection. Vous incarnez avec plus d'éclat que personne les temps terrifiants où nous vivons, où la violence s'est déchaînée comme peut-être jamais tout au long de l'histoire de l’humanité et où quelques-uns, comme vous, ont lutté contre elle avec détermination et courage et illustré les principes, qui ne nous sont pas tout à fait étrangers, de liberté, d'égalité et de fraternité.


En guise de conclusion, il y a encore des personnes hors du commun qui vous font changer votre façon de voir les choses et de croire en ce rêve d’un monde meilleur. Non pas par la force brute, mais par la force de la vie, la beauté et la puissance de leur personnalité. Votre seul défaut, Madame, était de vous oublier pour les autres, mais comment pouvait-on vous le reprocher? Aujourd’hui, je veux avant tout me souvenir de ces moments que nous avons partagés et je continuerai à porter avec d’autres, les mêmes combats que vous avez portés. Votre mémoire perdure à jamais parmi nous ! Soyez-assurée que votre survie est un pont entre deux mondes !


Isabelle Oliveira

Sem comentários:

Enviar um comentário